jeudi 23 mai 2013
vendredi 17 mai 2013
Pour les députés français les races n’existent plus…
La date du jeudi 16 mai restera dans l’histoire de la pensée française
comme celle d’une nouvelle grande victoire de l’obscurantisme. A main levée, salivant
aux stimuli du politiquement correct
à la française, à l’image des chiens de Pavlov, les députés français ont en effet, et sur
proposition du Front de gauche, supprimé le mot « race » de la
législation.
La gauche unanime a naturellement voté pour cette proposition. Avec la « fermeté »
qui les caractérise les députés de l’ « opposition » ont
largement voté avec les amis de Monsieur Mélenchon. Certains, plus
« courageux », ont choisi de s’abstenir au prétexte que ce texte
« plein de bonnes intentions pose problème au plan technique »… Belle
défausse…
Au même moment, dans le monde anglo-saxon, la notion de
« race » est à ce point considérée comme une réalité qu’elle figure
dans le cursus de plusieurs dizaines des plus grandes universités américaines.
Ainsi, pour ne prendre que le seul exemple des Etats-Unis :
Schools PhD'S
· Race, Ethnicity, and post-Colonial Studies Schools
· Master's and PhD Programs in Race, Ethnicity, and post-Colonial Studies
· Race, Ethnicity, and post-Colonial Studies Programs
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School & Program
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Boston, MA
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Providence, RI
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Philadelphia, PA
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East Lansing, MI
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Bozeman, MT
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New York, NY
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Evanston, IL
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Columbus, OH
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San Francisco, CA
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San Jose, CA
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Los Angeles, CA
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Lawrence, KS
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Louisville, KY
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Amherst, MA
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Madison, WI
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Dignes disciples d’Alphonse Allais qui décrétait l’« extinction du
paupérisme après 9 heures du soir », les députés français viennent donc de
brillamment s’illustrer en signant la
mort de l’anthropologie. Tout autre commentaire serait superfétatoire...
Bernard Lugan
17/05/13
mardi 7 mai 2013
Nouveau livre de Bernard Lugan : Les guerres d'Afrique
Les guerres d'Afrique, des origines à nos jours
Bernard Lugan
Les éditions du Rocher, 2013
408 pages ; 72 cartes et planches
Description :
Le long déroulé de
l’histoire du continent africain est rythmé par une succession de guerres. Les
plus anciennes sont figurées sur les parois peintes du Sahara et de l’Afrique
australe ; les plus récentes font l’actualité, de la Libye au Kivu et de la
Somalie au Mali.
Dans l’Afrique
d’ « avant les Blancs », la guerre entraîna la mutation de nombre de sociétés et fut créatrice
d’empires, dont ceux d’el Hadj Omar, de Samory, de Rabah, de Shaka Zulu etc.,).
Avec la conquête
coloniale, à l’exception de l’échec italien en Ethiopie, les guerres tournèrent toutes à l’avantage des colonisateurs, même si, ici
ou là, des batailles retardatrices dont le livre rend compte, furent
occasionnellement remportées par les Africains.
La parenthèse
impériale fut ensuite refermée sans affrontements majeurs, les guérillas
nationalistes n’y étant jamais en mesure de l’emporter sur le terrain.
Après les
indépendances, l’Afrique fut ravagée par de multiples confits qui firent des
millions de morts et des dizaines de millions de déplacés.
Après la « guerre froide », l’Afrique redevint l’actrice de ses
propres guerres, donc de sa propre histoire. Les placages idéologiques et
politiques qui lui avaient été imposés depuis des décennies volèrent alors en
éclats et le continent s’embrasa. Durant la décennie
2000-2010, 70% des décisions de l’ONU et 45% des séances du Conseil de
Sécurité furent consacrées aux conflits africains.
Sortie du livre le 1er juin 2013 mais disponible à l'Afrique Réelle dès le 17 mai.
37 euros (frais de port compris)
Pour le commander dès à présent :
Table des matières :
Première partie : Guerres et sociétés guerrières dans l’Afrique d’avant la colonisation.
Chapitre I : Aux origines de la guerre africaine
I- Sahara et Afrique australe : les plus lointains échos guerriers.
II-L’ Egypte et ses « Neuf arcs »
III- Rome et Carthage : les premières guerres coloniales
IV- Une nouveauté, la guerre pour convertir : la conquête de la Berbérie par les Arabes (644-750).
Chapitre II : Les grandes sociétés militaires et guerrières africaines
I- L’armée marocaine, une force polyvalente devenue outil de gouvernement
II-Conquérants et guerres jihadistes au Sahel
III- Le Rwanda, royaume de la lance et de la vache
IV- Le royaume zulu : son « pâturage est le champ de bataille »
V- Les Ndebele-Matabele : des guerriers errants fondateurs de royaumes.
Chapitre III : Deux sociétés guerrières exogènes : l’Etat ethno-militaire mamelouk et le militaro-pastoralisme boer
I- Les Mamelouks d’Egypte : une aristocratie guerrière à titre viager.
II- Les Boers : une société guerrière d’inspiration biblique
Deuxième partie : Les guerres de conquête coloniale
Chapitre I : La France s’adapte à la guerre d’Afrique
I-La création d’une armée coloniale
II- L’Algérie et la naissance de l’armée d’Afrique.
III-La conquête de l’Ouest africain.
Chapitre II : La Grande Bretagne et les guerres d’Afrique australe
I-Les « surprises » de la guerre anglo-zulu (1879).
II-La guerre des Boers : entre modernité et archaïsme.
Chapitre III : De difficiles campagnes d’Afrique
I- Allemagne : une lente adaptation à la guerre d’Afrique.
II- L’échec militaire italien face à l’Ethiopie (1895-1896).
III-Une guerre privée : la campagne anti esclavagiste au Congo (1890-1896).
Troisième partie : Les guerres durant la période coloniale
Chapitre I : Le premier conflit mondial : quand l’homme blanc combattait l’homme blanc
I- Afrique du Nord : objectif Suez
II- Afrique de l’Ouest : la « promenade » des Alilés
III- Afrique orientale : le général Paul von Lettow-Vorbeck invente la guérilla moderne.
Chapitre II : Du Maroc à l’Ethiopie : la mutation des guerres africaines.
I- La « pacification » marocaine : une guerre par procuration
II- La Guerre du Rif, première guerre de libération
III-La dernière guerre de conquête coloniale : Ethiopie (1935)
Chapitre III : Le second conflit mondial
I- Les années 1940-1942 et la fin de l’Impero italien
II-Le débarquement allié de novembre 1942 et ses conséquences militaires.
Chapitre IV : La décolonisation : des guerres gagnées, des empires perdus.
I- La guerre des Mau Mau (1952-1956) : un coup de tonnerre dans un ciel serein
II- La guerre d’Algérie (1954-1962) : victoire militaire française, victoire politique algérienne.
III-Les guerres de décolonisation portugaise : Angola, Mozambique, Guinée Bissau (1961-1975).
Quatrième partie : Les guerres contemporaines (1960-2013)
Chapitre I : Les guerres en Afrique du Nord
I-La double conflictualité algéro-marocaine
II- La guerre civile algérienne (1992-2002)
III- La guerre de Libye (février 2011-octobre 2011)
Chapitre II : Les guerres le long du rift racial sahélo-saharien.
I- Le Sahel : un archipel de conflits
II- Mali-Niger-Azawad : des conflits récurrents
III-2012-2013 : de la guerre touareg à la guerre islamiste.
VI-Les guerres du Tchad (1965-2009).
Chapitre III : Les guerres dans la Corne de l’Afrique
I-Les guerres d’Ethiopie (1970-1991)
II-Le conflit Ethiopie-Erythrée (1998-2000)
III-Les guerres de Somalie : clans contre clans (depuis 1977)
Chapitre IV : Les guerres du Soudan (1956-2013)
I-Les guerres raciales Nord-Sud (1956-2010)
II- La guerre du Darfour (depuis 2003)
III- La guerre entre les deux Soudan (2011-2012)
Chapitre V : Les guerres ethniques de l’ouest africain (1990-2013)
I- Liberia : Kru contre Mandé
II-Sierra Leone :Limba contre Mendé
III- Côte d’Ivoire : Nord contre Sud
IV- Nigeria : de la guerre du Biafra au conflit ethno-religieux Nord Sud
Chapitre VI : Un demi siècle de guerres au Zaïre/RDC (1960-2012)
I- Les premières guerres du Congo (1960-1978)
II-De la campagne du Zaïre (septembre 1996- mai 1997) à la deuxième guerre du Congo-RDC (1998-2002)
III-La guerre de l’Ituri (1996-2004)
IV- La deuxième guerre du Kivu (depuis 2007)
Chapitre VII : La guerre du Rwanda ( 1°octobre 1990- 19 juillet 1994)
I- De l’offensive tutsi d’octobre 1990 aux accords d’Arusha (4 août 1993).
II- Entre guerre et génocide : du 6 avril au 19 juillet 1994.
Chapitre VIII : Les guerres d’Afrique australe (1965 à 2002).
I- La guerre de brousse rhodésienne (1965-1978)
II- La seconde guerre d’Angola (1975-1984)
III- La troisième (1992-1993) et la quatrième ( 1997-2002) guerre d’Angola
IV-Les guerres du Mozambique (1975-1992)
jeudi 2 mai 2013
Le 10 mai, avec la « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions », c’est encore un anniversaire de culpabilisation à sens unique qui est célébré
Sous la présidence de Jacques Chirac les députés votèrent
à l’unanimité, (donc tous les élus de
« droite »), et en première lecture, la loi dite
« Taubira ». Définitivement
adoptée le 10 mai 2001, cette loi qualifie de « crime contre
l’humanité » la seule traite esclavagiste européenne. Christiane Taubira a
insolitement précisé que sa loi passe sous silence la traite arabo-musulmane[1]
afin que les « jeunes Arabes (…) ne portent pas sur leur dos tout le
poids de l’héritage des méfaits des Arabes » (L’Express du 4 mai
2006).
Et pourtant, au XIXe siècle, l’abolition décidée par les
Européens ne concerna pas les Arabo-musulmans. Depuis la Libye, au nord, ou
depuis Zanzibar, à l’est, des caravanes organisées militairement continuèrent
en effet à dévaster des régions entières de l’Afrique noire. Au XIXe siècle, au
centre comme à l’Est du continent, les réseaux esclavagistes musulmans étaient
en pleine extension ; la documentation abonde les concernant.
Dans la région sahélienne, de la boucle du Niger au
Tchad, les esclavagistes puisaient dans le « vivier humain » du bilad al Sudan, Bambara, Sénoufo et Sara
étant leurs principales victimes.
Dans la région du Haut Nil, l’actuel Sud Soudan, Dinka,
Nuer et Chillouk étaient pourchassés, les femmes pour leur beauté et les jeunes
garçons pour être « transformés » en eunuques gardiens des harem.
Dans l’Est de l’Afrique, les esclavagistes zanzibarites
ravageaient les actuels Etats de Tanzanie, d’Ouganda, de RDC, de Zambie ainsi
que tout le Nord du Mozambique. Tirant l’essentiel de ses revenus de la vente
des esclaves, le sultan de Zanzibar avait constitué un corps de
fonctionnaires chargé de tenir un
compte précis du nombre de captifs
débarqués sur son île. Grâce aux registres des perceptions douanières, nous
savons ainsi qu’entre 1830 et 1873, environ 700 000 esclaves furent vendus
sur le seul marché de Zanzibar. Ces chiffres ne valent cependant que pour le
commerce officiel du sultanat et ils ne tiennent pas compte de la contrebande.
Ce fut l’administration coloniale qui mit un terme à ces
odieuses pratiques. Certaines ethnies ne survécurent alors que parce que la
colonisation sépara victimes et razzieurs, comme au Mali, comme au Niger, comme
au Tchad, comme en Centrafrique, comme au Nigeria, comme en RDC, comme en
Tanzanie, comme en Ouganda, comme au Soudan, comme au Malawi, comme au
Mozambique etc... Ce furent les Européens qui firent fermer le marché de
Zanzibar en 1873. Ce furent également eux qui, à partir de 1890, obligèrent les
autorités égyptiennes à interdire aux 78 marchands d’esclaves du Caire et aux
73 d’Alexandrie de cesser cette activité[2].
En 2005, Jacques Chirac décida que le 10 mai, jour de
l’adoption de la loi Taubira, serait désormais célébrée la « Journée des
mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Rompant
avec une sage pratique voulant, sauf exception, que des dates du passé soient
toujours choisies pour célébrer les évènements historiques, le président de la
République faisait ainsi d’une date du présent un jour de commémoration d’évènements
du passé…
Et pourtant, le 27 avril, date anniversaire de l’abolition de l’esclavage en France (27
avril 1848) était la date idéale qui aurait permis de célébrer cette
« Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs
abolitions » dans un climat d’unanimisme national. Jacques Chirac a
préféré une date clivante.
Tout cela n’est cependant qu’un début car les groupes de pression constituant le noyau
électoral de François Hollande, modernes Minotaures à l’insatiable appétit,
réclament maintenant des « réparations » sonnantes et trébuchantes. Comme
les caisses de l’Etat sont vides, notre « pauvre » président ne va donc
pouvoir nourrir ses électeurs que de paroles. Il faudra donc qu’elles soient
roboratives. C’est pourquoi nous pouvons nous attendre à de nouvelles rafales
de déclarations et de mesures symboliques de repentance.
Voilà comment le totalitarisme se met en place et
comment, lentement mais sûrement, nos « élites » gouvernantes,
totalement coupées du « pays réel » se préparent des lendemains
difficiles. Notamment parce que Madame Taubira dont les condamnations sont
sélectives, ignore probablement, et les Romains l’avaient appris à leurs
dépens, que chez les Gaulois « la patience dont on abuse se change
en fureur ».
Bernard Lugan
02/05/13
mercredi 3 avril 2013
Génocide du Rwanda : un matraquage médiatique ne fait pas une vérité historique
Chaque année à l’approche du 6
avril, date anniversaire du début du génocide du Rwanda (6 avril 1994), les médias
répètent les mêmes poncifs tout en se faisant, volontairement ou non, la caisse
de résonance des thèses de Kigali. Nous aurons ainsi droit à des émissions de
télévision annonçant des « révélations embarrassantes » pour la
France, à une campagne de promotion à la limite de la complaisance pour un livre
qui n’apporte rien de nouveau et à une avalanche de déclarations aussi creuses
qu’orientées. Tout ceci n’est qu’enfumage.
Le fond du problème est que la thèse
fondant la « légitimité » du régime de Kigali, à savoir celle du
génocide « programmé » et « planifié » par les
« extrémistes » hutu, a volé en éclats devant le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda).
Ce tribunal créé par le Conseil de sécurité de l’ONU et siégeant à Arusha
depuis 1995 a en effet, dans tous ses jugements concernant les
« principaux responsables du génocide », que ce soit en première
instance ou en appel, clairement établi qu’il n’y avait pas eu
« entente » pour le commettre[1].
Si ce génocide n’était pas programmé c’est donc qu’il fut spontané et ce qui le
provoqua fut l’assassinat du président Habyarimana.
Voilà pourquoi la question de savoir
qui a ourdi cet attentat est primordiale. Or, il n’y a jamais eu d’enquête
internationale menée sur ce crime qui coûta la vie à deux présidents en
exercice légitimement élus, celui du Rwanda et celui du Burundi qui avaient
pris place dans le même avion.
Par les énormes pressions qu’ils
exercèrent sur le Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis et la
Grande-Bretagne, alliés indéfectibles du régime de Kigali, réussirent à
interdire au TPIR de mener cette enquête. Comme ce tribunal spécial vient de
terminer ses travaux, les auteurs de ce crime ne seront donc ni identifiés, ni poursuivis[2].
Saisie par les familles de
l’équipage français de l’avion, la justice française s’est risquée sur cette
affaire. Au terme de son enquête, le juge Bruguière a accusé le général Kagamé
et lancé neuf mandats d’arrêt contre des membres importants de son premier
cercle. Après le départ à la retraite de ce magistrat, l’enquête fut reprise
par le juge Trévidic qui ajouta de nouvelles pièces au dossier et qui devra,
tôt ou tard, faire la balance entre les documents contradictoires le
constituant.
En attendant, Kigali est à la
manœuvre car c’est l’existence même du régime qui est en jeu. Tout est donc
fait pour influencer médiatiquement la justice française, l’objectif visé étant
la levée des mandats d’arrêt délivrés par le juge Bruguière avant le vingtième
anniversaire du génocide et ce, afin que l’enquête soit définitivement enterrée,
ce qui arrangerait la communauté internationale.
Le monde entier a en effet intérêt à
ménager le régime de Kigali, lui qui détient la clé de la paix et de la guerre
dans toute l’Afrique centrale, région productrice des minerais rares permettant
à l’industrie de l’électronique de tourner. De plus, au moment où le Sahel s’embrase,
personne ne veut voir un nouveau front s’ouvrir dans la région des Grands Lacs.
Le dossier de
l’attentat du 6 avril 1994 cessera t-‘il donc d’être l’affaire de la Justice seule pour devenir celle de la diplomatie[3] ?
Dans notre « république irréprochable », rien n’est impossible en ce
domaine…
Bernard Lugan
03/04/13
[1] A l’exception du jugement de Jean Kambanda, ancien Premier ministre condamné en 1998, après qu’il eut plaidé coupable contre la promesse d’une peine réduite, procédure qui de facto lui avait fait accepter l’acte d’accusation du procureur. Depuis, il est revenu sur cette reconnaissance.
[2] Depuis le 1° avril, le
Rwanda assume pour un mois la présidence tournante du Conseil de sécurité.
[3] Le numéro 41(mai 2013) de l’Afrique
réelle fera le point sur ce dossier.
mardi 2 avril 2013
L'Afrique Réelle N°40 - Avril 2013
Sommaire :
Numéro spécial : Mali, une guerre de cinquante ans
- Une succession de guerres et d’insurrections
- La guerre de 2012-2013
- Les quatre phases de l’Opération Serval
- Pourquoi le Tchad est-il intervenu militairement au Mali ?
Actualité
Kivu : après un chef de milice tutsi, un autre chef de milice tutsi…
- Une succession de guerres et d’insurrections
- La guerre de 2012-2013
- Les quatre phases de l’Opération Serval
- Pourquoi le Tchad est-il intervenu militairement au Mali ?
Actualité
Kivu : après un chef de milice tutsi, un autre chef de milice tutsi…
Editorial de Bernard Lugan
Au moment où le Président de la République française s’apprête à rendre des « arbitrages » concernant le budget de la Défense, il faut bien avoir à l’esprit que ce n’est pas le seul Mali, mais le Sahel dans son ensemble, que l’armée française devra tôt ou tard « sécuriser ».
L’intervention contre la Libye du colonel Kadhafi ayant eu pour résultat de déstabiliser toute la région sahélo-saharienne, il va en effet lui falloir protéger les régions stratégiques du Niger tout en garantissant l’environnement tchadien. Tant au Nord, vers la Libye, qu’au Sud vers la RCA, qu’à l’est vers le Darfour et que vers le Sud-est afin d’éviter la contagion du Nigeria.
L’Europe feint de ne pas voir ce qui se passe dans l’arc sahélien. De leur côté, les Etats-Unis observent la situation de loin. Le 18 janvier 2013, Léon Panetta secrétaire américain à la Défense a ainsi déclaré que : « les opérations de sécurité au Mali incombent aux puissances régionales » ; traduction : les Etats-Unis ne vont pas s’en mêler.
Quant aux pays africains, pourtant les premiers concernés, et à l’exception du Tchad, ils ne se bousculent pas. Et même s’ils le souhaitaient, ils n’ont pas les capacités de mener de véritables opérations militaires.
Qu’elle le veuille ou non, la France est donc en première ligne. Après les grandes envolées multilatéralistes, le temps du bilatéralisme traditionnel est ainsi revenu puisque, et nous le vérifions au Mali, les intérêts des Européens et ceux de la France ne sont pas les mêmes.
Ce n’est donc pas le moment de rogner sur les dépenses militaires car il est clair que sans une occupation du désert et de ses massifs montagneux, les bandes islamistes éparpillées dans les immensités sahariennes se reformeront tôt ou tard. Or, pour contrôler le désert, il faut le tenir, ce qui revient à dire qu’il faut le quadriller avec des postes permanents, une simple surveillance aérienne étant insuffisante.
Alors que la présidence Sarkozy avait programmé l’abandon de nos dernières bases, aujourd’hui, c’est de nouvelles implantations que l’on parle….
Le bilan militaire de l’Opération Serval n’est pas connu de source française. De source malienne, il serait de 63 militaires maliens et de 600 islamistes tués. Cinq soldats français et une trentaine de Tchadiens ont perdu la vie. Deux soldats togolais et un burkinabé ont trouvé la mort accidentellement.
La France a engagé directement et indirectement jusqu’à 4000 hommes et la MISMA (Mission internationale de soutien au Mali) composée de 6300 soldats d’Afrique occidentale et du Tchad est en cours de constitution. Parallèlement, l’ONU envisage de déployer une force de maintien de la paix composée de plus de 11000 hommes.
Sans une puissante colonne vertébrale française, ces milliers de soldats seront incapables d’aller déloger les jihadistes dans leurs repaires.
dimanche 24 mars 2013
Derrière la prise de Bangui, c’est le Tchad qui est menacé
Analyse de Bernard Lugan (24/03/13)
Dimanche 24 mars, le président centrafricain Bozizé a quitté Bangui pour
la RDC et les rebelles du Seleka ont
pris la ville. Une razzia lancée par deux ou trois centaines de coupeurs de
route s’est donc transformée en une entreprise de conquête du pouvoir car, au
noyau centrafricain du mouvement, se sont agrégés des Tchadiens voulant abattre
le régime du président Déby et des Soudanais.
Si ces évènements avaient pour conséquence le rapatriement du contingent
tchadien qui combat aux côtés des forces françaises au Mali, on ne comprendrait
pas que Paris n’ait pas « anticipé ». La situation doit donc être
suivie avec une grande attention car il serait irresponsable de laisser se
créer un foyer de déstabilisation au sud du Tchad au moment où la contagion
sahélienne touche déjà le nord du Nigéria.
Pour lire la suite de cette analyse, vous devez être abonné à l’Afrique Réelle. Elle vous sera envoyée par courriel. Pour vous abonner, cliquer ici.
dimanche 3 mars 2013
L'Afrique Réelle N°39 - Mars 2013
SOMMAIRE
Enquête :
Qui a abattu l’avion du président Habyarimana ? Une nouvelle pièce au dossier
Dossier : Les guerres africaines de 1960 à 2013
- Typologie des guerres africaines
- Les causes des guerres africaines
Histoire :
Le nationalisme au Maroc
Enquête :
Qui a abattu l’avion du président Habyarimana ? Une nouvelle pièce au dossier
Dossier : Les guerres africaines de 1960 à 2013
- Typologie des guerres africaines
- Les causes des guerres africaines
Histoire :
Le nationalisme au Maroc
Editorial de Bernard Lugan : Mali : retour au point de départ ethnique
Militairement, les islamistes sont cernés dans un dernier réduit du massif des Iforas avec, au Nord et à l’Est, les Algériens, au Sud les Tchadiens en bouclage, à l’intérieur, les forces spéciales françaises et des Touareg. L’intensité des combats montre a posteriori à quel point la politique française qui mettait en avant l’idée de non intervention, mais de formation des contingents africains, n’était rien d’autre qu’une vue de l’esprit. En effet, s’il n’y avait pas eu l’opération Serval, les Iforas seraient toujours une base jihadiste…
Maintenant que le nuage islamiste est dissipé, et en dépit d’attentats résiduels et d’actions terroristes à venir, le réel réapparaît avec force. Quel est-il ?
1) Nous ne sommes pas face à une guerre de religion.
2) Nous sommes en présence d’un classique conflit ethnique et même racial, un conflit ancré dans la nuit des temps entre « nordistes » et « sudistes ».
3) Nous en revenons donc au début de la crise, c'est-à-dire à la revendication touareg. Tout le reste est secondaire, à commencer par la question islamiste qui est simplement venue se greffer sur la revendication touareg.
Depuis le déclenchement de l’opération Serval, François Hollande a eu l’intelligence de laisser faire les militaires. Maintenant que le nettoyage des Iforas est entré dans sa phase finale, le relais politique ne va pas tarder à être pris par le Quai d’Orsay et la cellule africaine du parti socialiste. L’ idéologie va donc de nouveau prendre le pas sur le réel sahélien.
Le président Hollande ayant une nouvelle fois déclaré que le but de l’intervention française est la restauration de l’intégrité du Mali, deux grandes questions vont se poser :
1) Que va dire Paris à Bamako quand le Mali va vouloir exercer sa souveraineté sur la totalité du territoire reconquis par les Français et les Tchadiens ? De quel droit la France peut-elle continuer à interdire à l’armée malienne d’aller faire la « mouche du coche » à Kidal et dans les Iforas ?
2) Que va dire Paris aux Touareg qui se sont battus à nos côtés, qui ont largement permis l’opération des Iforas et qui ne veulent pas d’armée malienne chez eux ?
Comme il va bien falloir passer au règlement politique de la question malienne, la seule approche réaliste doit tenir compte des trois points suivants :
1) Le soulèvement du mois de janvier 2012 qui est à l’origine de l’actuelle guerre du Mali s’est fait au nom de l’identité touareg et autour de la revendication de l’Azawad.
2) Or, comme je n’ai cessé de le dire depuis le début du conflit, et comme l’ont découvert ceux qui lisent mes communiqués et qui ont amplement repris l’idée sans citer leurs sources, l’Azawad n’est qu’en partie touareg. Il existe en effet trois Azawad, l’Azawad Touareg à l’est, avec pour centre le massif des Iforas ; l’Azawad arabe vers l’ouest et vers le nord et enfin l’Azawad du fleuve avec des populations mélangées (Songhaï, Peul, Touareg etc.).
3) La fiction d’un Etat malien « unitaire » est morte. Le régime de Bamako doit donc admettre qu’il est incapable de tenir deux des trois Azawad et qu’il doit donc penser à une profonde évolution fédérale ou même confédérale.
Militairement, les islamistes sont cernés dans un dernier réduit du massif des Iforas avec, au Nord et à l’Est, les Algériens, au Sud les Tchadiens en bouclage, à l’intérieur, les forces spéciales françaises et des Touareg. L’intensité des combats montre a posteriori à quel point la politique française qui mettait en avant l’idée de non intervention, mais de formation des contingents africains, n’était rien d’autre qu’une vue de l’esprit. En effet, s’il n’y avait pas eu l’opération Serval, les Iforas seraient toujours une base jihadiste…
Maintenant que le nuage islamiste est dissipé, et en dépit d’attentats résiduels et d’actions terroristes à venir, le réel réapparaît avec force. Quel est-il ?
1) Nous ne sommes pas face à une guerre de religion.
2) Nous sommes en présence d’un classique conflit ethnique et même racial, un conflit ancré dans la nuit des temps entre « nordistes » et « sudistes ».
3) Nous en revenons donc au début de la crise, c'est-à-dire à la revendication touareg. Tout le reste est secondaire, à commencer par la question islamiste qui est simplement venue se greffer sur la revendication touareg.
Depuis le déclenchement de l’opération Serval, François Hollande a eu l’intelligence de laisser faire les militaires. Maintenant que le nettoyage des Iforas est entré dans sa phase finale, le relais politique ne va pas tarder à être pris par le Quai d’Orsay et la cellule africaine du parti socialiste. L’ idéologie va donc de nouveau prendre le pas sur le réel sahélien.
Le président Hollande ayant une nouvelle fois déclaré que le but de l’intervention française est la restauration de l’intégrité du Mali, deux grandes questions vont se poser :
1) Que va dire Paris à Bamako quand le Mali va vouloir exercer sa souveraineté sur la totalité du territoire reconquis par les Français et les Tchadiens ? De quel droit la France peut-elle continuer à interdire à l’armée malienne d’aller faire la « mouche du coche » à Kidal et dans les Iforas ?
2) Que va dire Paris aux Touareg qui se sont battus à nos côtés, qui ont largement permis l’opération des Iforas et qui ne veulent pas d’armée malienne chez eux ?
Comme il va bien falloir passer au règlement politique de la question malienne, la seule approche réaliste doit tenir compte des trois points suivants :
1) Le soulèvement du mois de janvier 2012 qui est à l’origine de l’actuelle guerre du Mali s’est fait au nom de l’identité touareg et autour de la revendication de l’Azawad.
2) Or, comme je n’ai cessé de le dire depuis le début du conflit, et comme l’ont découvert ceux qui lisent mes communiqués et qui ont amplement repris l’idée sans citer leurs sources, l’Azawad n’est qu’en partie touareg. Il existe en effet trois Azawad, l’Azawad Touareg à l’est, avec pour centre le massif des Iforas ; l’Azawad arabe vers l’ouest et vers le nord et enfin l’Azawad du fleuve avec des populations mélangées (Songhaï, Peul, Touareg etc.).
3) La fiction d’un Etat malien « unitaire » est morte. Le régime de Bamako doit donc admettre qu’il est incapable de tenir deux des trois Azawad et qu’il doit donc penser à une profonde évolution fédérale ou même confédérale.
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